Mardi 15 septembre 2009
L'accès à la culture est une cause qui ne fédère plus les électeurs. Foutre les enfants de 13 ans en prison, par contre, de nos jours ça fédère un tas de baltringues aigries.

Qui aurait intérêt au gouvernement à ce que vous ayez un libre accès aux contenus culturels ? Vous apprendriez bien des choses éloquantes. On préfère que vous pensiez que le monde s'arrête aux frontières de la France, le meilleur pays du monde, selon notre président qui ne parle pas anglais. Mais certains bons jours, on vous autorisera à considérer l'Europe parce que ça nourri les intérêts communs de ces gens-là.

La loi HADOPI, qui vise à sanctionner le téléchargement illégal est une aberration insupportable. Même si techniquement la loi sera inéficcace (elle repose sur l'identification par IP, que l'on peut anonymer), le seul fait qu'elle soit proposée au vote des députés peut être considéré comme une preuve supplémentaire de la crevasse qu'il existe entre les maisons de disques & leurs potes de l'UMP, le monde des hautes technologies et la culture.

Après avoir distribué des milliards de dollars aux banques et aux constructeurs automobile, on s'apprête à faire de même avec les multinationales de la production de disques en plastique, une des industries les plus polluantes et inefficace, tout comme les banques et les constructeurs automobile. Pourquoi s'acharner à faire survivre des boîtes à la gloire et à la rentabilité passées ?

Comment ces maisons de disques osent-elles affirmer que les artistes soutiennent leur cause !!?? Qui ça ?? Il n'y a guère que Johnny Hallyday et ses copains pour faire un truc pareil.

Celui qui soutient une telle loi ne peut être un artiste. Ce sont des opportunistes qui n'ont pas d'art. La musique n'a pas vocation a être fixée sur un support plastique ou sur des bits numériques. La musique se joue, c'est un spectacle vivant. Le concert c'est le vrai travail du musicien. Le disque c'est la publicité pour le concert. Qui oserait vendre des prospectus, qui plus est à un prix prohibitif ? Cette bande d'arnaqueurs anachroniques ont nourri leur famille durant plus de 50 ans en vendant des galettes en plastique à une clientèle de bonnes chèvres. L'activité de ces gens doit décliner. Cela a assez duré.

Ces gens devraient avoir honte de faire un boulot pareil, pour en arriver à condamner leur propre clientèle potentielle. "Tu ne me donnes pas ton argent alors je te coupe ta connexion internet" Fuck. Si n'y avait pas leurs potes de l'UMP à l'assemblée ils auraient pu courir longtemps avant de s'avancer dans une telle imposture.

C'est comme si le mec qui avait les brevets de la cassette VHS faisait passer une loi condamnant les usagers du DVD. Rendez-vous compte. Ils nous rabachent que si les CD se vendent mal c'est à cause d'internet ! Aux USA le CD est deux fois moins cher que chez nous et ainsi le problème ne se pose pas. Un produit obsolète ne se vend pas à prix d'or, n'est-ce pas ?

Le problème de ce milieu là, c'est que le monde de la musique est scindé en deux pôles : 1-le monde du disque 2- le monde du spectacle. Voilà deux métiers différents, et chacun se cantonne au sien. Du coup, aujourd'hui tous ces pti jeunes qui chantent à la télé vendent un tas de disques et ne font pas un seul vrai concert. On les garde là au chaud pour vendre des galettes sans saveur. Dans cette affaire personnen ne prend de risque.

Pourtant il n'y a pas d'entreprise florissante sans risques.

On nous dit que les artistes sont les premières victimes ?! Laissez-moi rire.

Les maisons de disque s'interessent plus aux ventes de disques qu'aux artistes. A leurs yeux nous ne sommes qu'un produit, un vecteur du sacro-saint dollar, un produit qui se doit d'être rentable. Les premières victimes, et les seules, sont les maisons de disque. Leur fortune est passée, ils l'ont amer.

Encore une fois ce ne sont pas les artistes les victimes. Ce sont les opportunistes. Les vrais artistes de la musique sont dans les salles de concert, les bars et les clubs, ou a la maison en train de vou concocter de la bonne musique avec leur coeur. Ce soir ils donnent surement une représentation près de chez vous. Mais vous n'êtes pas au courant car ça ne rapportera pas un rond à la maison de disque qui ne vend que des disque et  n'a pas jugé bon de faire de pub pour ces petits gars qui jouent bien mais ne veulent pas entendre parler de maison de disque.

Le téléchargement est illégal à la condition que l'auteur d'un contenu ait cédé ses droits à une maison de disque et/ou refuse de proposer sa musique au téléchargement.

Quand on aime les gens, on ne signe pas dans une maison de disque. Quand on produit de la musique, on se doit de la partager sans imposer de contraintes à celui qui tendra l'oreille.

Qui a besoin d'une maison de disque aujourd'hui ? Les groupes émergent par milliers sur les plateformes artistiques d'internet. Ils proposent leur musique en ligne gratuitement, font de la pub pour leurs prochains concerts, et vendent eux-même des disques sans passer pas la vieille bande de voleurs. Les moyens ont évolués et c'est heureux. L'artiste devient artisan et assure lui-même la promotion du spectacle vivant . Voilà la véritable solution qui sauvera le principal : les artistes.

Disparaitront naturellement tous ces gens qui n'ont jamais écrit une chanson, jamais rien composé ni jamais rien compris à l'art. Disparaitront les chanteurs de playback, les miniputes de la vague Britney. Disparaitront toutes ces baltringues qui ont su profiter du manque de moyen des artistes dans un temps reculé. Aujourd'hui ce temps est révolu mais comptez sur ces gredins d'une autre époque pour convulser encore quelques années et nous écorcher de leurs dents accérées.


Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 28 août 2009
La montagne, c'est beau. On se tue à la grimper, on se plaît a se rafraichir du torrent frais une fois arrivé en haut, puis l'on redescent rapido pour dévorer le tajine bien mérité. 

On répète cela une huitaine de fois avant de se lasser pour de bon, puis l'on s'en va vers de nouveaux horizons.

Soyons clairs, j'ai la guitare qui me démange. Je n'en peux plus d'attendre les retrouvailles d'avec mes instruments. Les avoir délaissé pour si longtemps m'a rendu marteau. Ce sera un plaisir de les retrouver et de commencer une nouvelle aventure avec eux.

Pour le moment, c'est retour à Fes. Fes c'est pour moi une ville magique. Son côté moyenageux, sa culture foisonante et l'enthousiasme de ses habitants ont fait de moi un inconditionnel. J'y ai mes habitudes, à la longue. Je la sillonne en petit-taxi de long en large, visitant mes adresses favorites. Dans la rue on me reconnait parfois et au restaurant à brochettes, chaque fois l'on me propose la guitare.

J'ai mon quartier de pédilection au niveau d'une place en triangle a quelques blocs sous la place mohammed V. J'y trouve ma boulangerie préférée, mes brochettes préférées et aussi un artisan parfumeur d'où je ne reviens jamais sans un flacon. J'ai aussi mes quelques amis de l'association Attarbiya Attanmiya à Fes-el-jedid, qui m'offrent café et gateaux en me parlant de leurs nouveaux projets pour les gamins du quartier.

Puis avant la tombée du jour, je grimpe jusqu'aux ruine des mérinides pour observer la médina toute entière, ainsi que quelques plaines lointaines, au soleil couchant. Que de poésie mes amis !

Mais en Espagne, la ville que je préfère c'est Séville. Ca tombe bien, car ce dimanche matin-la, je prend l'avion pour la belle andalouse.

Seville c'est à deux pas du Maroc mais soyons clair, ça n'a rien à voir, si l'on excepte bien sûr l'héritage architectural et culturel des Maures. Il y a des villes qu'on visite en deux jours et au début je croyais que Seville était de celles-la. C'est déja ma troisième visite ici et je découvre encore des quartiers, des sensations, j'ai même découvert une médina cachée sous les remparts. Comment avais-je pu la louper ? Je veux revenir encore !

Mais l'heure est déja au retour. L'avion s'enfonce dans le bleu infini du ciel andalou pour ressortir d'un énorme nuage gris et retrouverles 15 degrés celsius de Paris. Frais matin. Chaque fois que je reviens, je constate qu'il n'y a pas de lumière chez nous. On dirait qu'un abat-jour nous protège de l'éclat solaire, pour je ne sais quelle raison.

Il va falloir s'y faire ... jusqu'au prochain départ !
Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 15 août 2009
Casablanca.

J'avais prévu d'y passer deux jours mais je n'y suis resté que deux heures. Voyez, c'est comme si on avait eu l'incompressible désir de donner à une ville africaine l'apparence de Paris. Les noms et plaques de rues, le mobilier urbain, les bus, l'architecture, l'air hautain de quelques passants ... tout est Paris. Bref rien de dépaysant, plutôt l'impression d'être rentré plus tôt que prévu.


Al Hoceima.

Ca ne s'arrange pas vraiment à Al Hoceima, "perle de la méditérannée". Le roi est de visite et a réservé toutes les chambres du seul hotel avec une vue descente sur la mer. En ville on ne croise que des MRE espagnols, néerlandais et français. Les prix sont multipliés par trois et j'y ai pu voir la plage avec l'eau la plus poluée que j'ai pu observer jusqu'alors. Je devais y rester une semaine, j'y resterai un jour.


Chefchaouen.

Enfin un environnement sain, ou plutot descent dirons nous. Entouré de montagnes, cette ville offre au visiteur une médina assez ancienne, parfois teintée de bleue et assez bondée le soir. On y voit toutes les boutiques a souvenirs habituelles mais aussi quelques spécialités locales telles que le flan-purée : ca ressemble au flan, on jurerait que c'est du flan tant il est dévoré rapido par les locaux mais au moment de gouter, c'est une purée gélatineuse de pomme de terre. Il y a aussi le fromage de chèvre, mais celui-la je ne l'ai pas encore gouté.

Pour le reste, il s'agit de faire quelques promenades dans les montagnes, en souhaitant un rafraichissement du climat et un adoucissement magique des pentes abruptes, peuplées de cèdres et de plantations de kiff. D'ailleurs, au loin, on voit la montagne bruler. La gendarmerie a mis le feu a un champs de marijeanne. Mais à la vue de tous ces jeunes touristes bizarrement cools, qui fument comme des cheminées, on parirait volontiers que ces derniers vont devancer la besogne des gendarmes et du gouvernement, qui fait passer au 20h la grande nouvelle que les champs de kiff vont être remplacés par des oliviers et des amandiers. D'après eux, une education des moeurs et une prise de conscience de la population suffirait a endiguer ce commerce millénaire ultra-fructueux.

Comme quoi ici aussi on sait faire gober des conneries grosse comme c'est pas permis.

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 8 août 2009

Faire un nouveau disque. L'obsession.

Voila 4 mois que je vis loin de mes instruments, de mon, pays, de mes influences. Sur les 8 mois de 2009, je n'ai vécu que 3 en France. Allers et retours. 2008 fut coulé du même or. Le voyage fait ma richesse. L'autre jour je regardais une vidéo où je jouais à Grenoble. J'ai beaucoup changé en 2 ans.

L'espèce de tête de rat plaintive, intoxiquée au tabac, et chauffée à la bière a disparu messieurs dames. Fini la destruction, il n y a plus rien a casser. Une fois le démon chassé, il a fallu combler toute la place qu'il a laissé par des choses follement passionantes. La vie est passionante, par forcément celle de l'être humain, juste la vie. Sa courbe est si dramatique que le petit jeu peut devenir angoissant. C'est pourquoi il faut se faire peur de temps en temps, histoire de ne pas laissser les petites choses s'emparer de notre être entier pour l'effaroucher. Voyager seul, ça fait peur, en quelque sorte, et ça vous rend résistant.

Comme j'aime à le dire, le voyage vous ôte bien des peurs. A Paris, quand quelqu'un sent qu'il est suivi, la peur lui serre les tripes, même s'il sait que dans une ville de 7 millions d'habitants il  a bien des chances d'avoir quelqu un quelques mètres derriere lui, qui rentre aussi chez lui. Sa parano est plus forte que sa raison, c'est déja la maladie. En France, premier pays consommateur d'anti-depresseur au niveau mondial, la maladie se banalise dans le tissu urbain. On s'abandonne trop souvent à sa solitude et l'on devient craintif comme une blatte.

Moi aussi j'ai eu peur. J'ai eu peur de moi-même, de voir la fatigue et la mauvaise santé que j'entretenai affaiblir ce que j'ai de meilleur. Voyons il y a bien ces quelques petites convulsions positives, essayons de les orchestrer en un mouvement coorsonné bénéfique. Beaucoup d'efforts, beaucoup de sport, beaucoup de travail sur soi dans beaucoup de pays traversés plus tard, je renaît de mes cendres.

Il ne reste plus qu'a retrouver les guitares et la voie de la musique. C'est l'impatience désormais.

Comme on dit au Maroc, "Agadir, rien à dire". Ce n'est pas faux. Il y a l'immense plage et l'océan émeraude, et la nouvelle ville. L'ancienne ville est tombée sur ses 15.000 habitants en 1960, créant du coup une grande nécropole qui surplombe une nouvelle ère, celle du tourisme de masse. Cependant, le touriste massif reste enfermé dans son club-vacance, grâce à la formule All Inclusive. Ainsi, il ne vient plus déranger l'existence tranquille et l'équilibre de la ville, qui redevient progressivement marocaine.

On y croise surtout des MRE, des Marocains Résidents à l'Etranger, c'est à dire pas mal de français, ("français issus de l'immigration" pour citer le terme discriminatoire à la mode chez nous) qui défile avec leurs belles voitures et dinent dans des restos chics. C'est les vacances scolaires, alors l'on croise aussi beaucoup d'enfant-travailleurs, qui vendent des mouchoirs et autres conneries. L'océan y est beau et y va parfois de sa grosse vague pour vous casser les genoux et vous faire boire la tasse.

Côté fourchette, rien de bien nouveau si ce n'est la profusion d'échoppes où l'on vous concocte des purs jus de fruits souvent fabuleux. D'avocat, de mangue, de fraise, d'ananas, de dattes au lait ou même un panaché, leur vertue rafraichissante et leur prix démocratique en font un rendez-vous attendu de la journée. Accompagné d'une patisserie pour les plus gourmands, à la pate d'amande ou la fleur d'oranger ... J'arrête ici la réclame, pour ceux qui n'ont pas encore déjeuner !

 

N'ayez crainte, profitez bien du soleil.

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 2 août 2009
Un endroit mythique ou j'ai longtemps rêvé de mettre les pieds. Essaouira.

Mais je suis arrivé trop tard.

Ce devait être une ville à l'atmosphère unique, embrumé et mystique. Ce devait être le repaire de fabuleux artistes et artisans, de pirates, de légendes. Ce devait être une petite ville riche de savoir et d'histoire, où les voyageurs apportaient leur part d'exotisme sans trop altérer celui de leur ville d'acceuil.

Mais le temps est passé et le tourisme de masse a changé cette ville en un épouvantable marché a souvenirs pour blanbecs diahréeiques. Les rues se sont changé en étals, tous identiques. Une section de dix mètres incluant vendeur d'epices, snack et bijoux de pacotille, se répète à l'infini des rues. Les murs blancs disparaissent sous les tapis orientaux made in china et les pancartes de publicité. La répétition jusqu'au vomis.

Il ne reste plus que l'océan, sali par la surabondance de fientes d'albatross et les déchets du port. L'eau marron s'abat sur les flancs de la ville et en aspire toutes les immondices. On vient s'asseoir sur la promenade qui longe la plage en dégustant des beignets et en observant les marocains et les touristes, groupés séparement,  ouvrir et vider des boites et des bouteilles, puis les laisser vides là, sur le sable en attendant que la plus grosse chasse d'eau du monde fasse son travail.

Voilà un visage du Maroc, plus généralement du Monde,  que l'on observe dans ces lieux où les êtres vivants n'accordent plus d'importance à leur existence. L'argent a remplacé tous les buts, toutes les préocupations, car il est devenu le seul vecteur de vie. Le tourisme de masse fait des dégats incomensurables à la condition humaine et bien sur a l'environnement. L'on vient faire ici ce que l'on ne ferait pas chez soi, en oubliant jusqu'au respect de soi.


Pendant ce temps-la, le petit homme se demande si un jour on découvrira qu'il n'est pas allé a l'école ...


voila pour cette semaine ...




Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 24 juillet 2009
Aaaaaah, Ouzoud ...........

Ma troisième visite de l'année. C 'est beaucoup et en meme temps si peu.

S'il existe un paradis sur terre,
la merveilleuse vallée d'Ouzoud n'y est pas étrangère.

Non loin d' Azilal, au coeur du Moyen Atlas et de ses montagnes verdoyantes; la nature a creusé un magnifique canyon dans lequel l'oued Ouzoud qui prend sa source deux kilomètres plus haut, a la bonne idée de se jeter. Une impressionante cascade de 120m de hauteur donne le départ d'une vallée a la végétation luxuriante. 

Dans ce micro-climat, on croise les berbères et leurs mules chargées de vivres ou de matériel,  qui descendent ensemble des sentiers vertigineux. On cohabite avec
le singe magot, seul singe d'Afrique du nord et seul singe du monde capable d'affronter le froid de l'hiver, grace a son epaisse fourure d'or et son alimentation modeste.

Pas d'électricité; pas de téléphone, avec pour seul éclairage de petites bougies, l'on campe a la mi-hauteur hauteur, face à la cascade géante, en sirotant des jus de fruit après un trek fatiguant dans la vallée, jusqu'aux grottes envioronannantes ou bien le village de Tanagmelt, seul avec ses habitant et sa mosquée de 1200 ans, paumés dans les montagnes. 

Pas un son moderne, pas d'avion, de voiture, pas la moindre mobylette ...

Juste les oiseaux, les mules et la cascade.

Pas le moindre gramme de stress.

L'on s'affranchit de la grosse chaleur en se jetant dans l'oued bien froid, puis l'on dévisage durant son bain les montagnes avoisinantes comme des ancêtres à qui l'on ne peux causer mais qui accepteraient volontier de léguer leur beauté pour le prix d'une baignade. Il n'y a pas deux jours où les couleurs soient identiques.

Un tajine aux pruneaux et au dodo. 9 jours de ce traitement.

Voila la dure vie réservée à votre cher serviteur, qui vous souhaite un merveilleux été.



Prochaine étape . Essaouira et l'océan.

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 15 juillet 2009
Essalam Halekoum

D'abord une balade à Séville, puis un avion pour Fes. De Fes, deux trains pour El Jadida.

La vie est douce près de l'océan.

D'abord El Jadida et sa cité portugaise, ces touristes peu pudiques, sa promenade à l'anglaise, son intérêt limité.

Puis Oualidia.

A Oualidia, l'océan s'agite au loin pendant que la lagune naturelle crée un rempart qui protège une petite baie sans remou, idéale pour la baignade. Un quarante degrés rafraichi par le vent de l'Atlantique, qui n'a pas rencontré un seul obstacle depuis 5000km.

Chaque matin on avale ces crêpes locales accompagnées de thé a la menthe. Puis on fait son marché pour préparer ensuite son tajine maison. Aux étals on rencontre le primeur, le boucher, les gamins qui vendent le pain et aussi l'amiénois le plus connu depuis Jules Verne, star des nuits de Pigalle, monsieur Michou, qui coule ici une retraite de gourmet. Toujours jovial, il vous serre la main avec un mot gentil en remontant ses lunettes fumées de bleu, le seul indice.

Tajine, baignade, tajine, crêpes au miel, promenade, baignade, etc ...

Aux croisement l'on rencontre la police marocaine. Lourd képi surmontant une moustache proéminante, remplace la casquette secouée par le machouillement du chewinggum du policier français qui ère dans le RER. L'homologue marocain discute a grande voix, interpelle, conseille, donne le chemin, là ou le policier français ne l'ouvre que pour verbaliser. N'ai pas encore eu la chance de croiser le facteur, y-en-a-t-il ?

Plus loin sur une plage géante, une centaine de famille marocaine se sont donné rendez-vous pour le plus grand camping sauvage que j'ai pu observer. A la tombée du jour, les jeunes ratissent la plage pour rassembler tous les hommes valides capable de jouer d un instrument puis au bout de la plage s'improvise un orchestre de feu. Les gamins dansent et les derniers baigneurs tapent des mains en remontant le rivage vers la dune.


Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009
Chers lecteurs,

On était venu pour la musique mais voila qu'on a droit a des pamphlets d'aviateur. On s'était déplacé pour l'harmonie et voila quelqu'un qui n'est d'accord avec rien !

Voila plusieurs nuit que je fais des rêves tout à fait usuels, mais quelque soit l'endroit ou même l'ambiance du rêve, je fini par plonger ma main dans la poche de mon pantalon et d'en sortir une poignée de médiators. Le truc pour gratter la guitare.

Est-elle venue, l'heure de remettre les couverts ?

Je suis venu vous dire aujourd'hui qu'un septième album va voir le jour, tous les signes vont dans cette direction. Je suis venu vous dire aussi que je ne compte plus m'imposer des choses que je ne veux pas faire. J'ai beaucoup utilisé ce procédé pour travailler, me forcer à enregistrer, même les jours où je n'en avait aucune envie. Je me suis beaucoup forcé, ce qui explique non seulement ma remarquable productivité mais aussi le manque de profondeur musicale dont j'ai fait preuve.

Je peux le dire aujourd'hui car ma musique a déjà grandi depuis The Synapsus Fair. J'ai compris bien des choses, j'ai ressenti bien des vibrations, entendu bien des oiseaux, bien des lamentations, bien des joies, bien des cris, ... J'ai compris que se prendre au sérieux est la pire des merdes qui puisse arriver, soyons-en protégés à tout jamais.

Voilà deux ans que je me suis imposé une pause musicale. J'ai profité de ce temps pour changer les choses autour de moi qui ne marchaient plus, rendre ma condition plus humaine, m'entourer de forces positives, trouver un nouvel ancrage en moi et surtout voyager à la folie. S'abstraire et ainsi renouer avec l'inspiration, voilà le vaste programme que je termine actuellement, avec un certain succès.

Je pars ce lundi pour deux mois au royaume du Maroc. Ce sont là des vacances parsemées de découvertes. Je ne manquerai pas de décrire ici mes impressions. Je ne ferai pas de journal jour après jour cette fois-ci, dans l'espoir que cela vous aide à vous décoller de l'écran et vous emmène au soleil le plus chaud, celui du coeur et de l'esprit libre.

Aimez-vous encore un peu plus, merci.

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 2 juillet 2009
Vole oiseau. Vole et ne tombe plus.

Dans quelques minutes, à 15h, le Bureau d'Enquête Accidents devrait rendre un premier rapport sur l'accident du vol AF447 Rio -> Paris CDG.

Je sais déjà ce qu'ils vont dire, et à la fin de mon article vous le saurez aussi.

En France, les aristocrates n'ont pas lâché le baton. Paris en 1789 n'était pour eux qu'une émeute de banlieue, rien de plus. Alors depuis cette date, on s'organise discrètement pour maîtriser l'ensemble des industries, des institutions et pour se concentrer le pouvoir, à soi et à ses potes.

La Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), le Bureau d'Enquête Accidents (BEA), Airbus et Air France ont un point commun, drolement commun. Lequel ? La promo 1965 de l'école Polytechnique. Les 4 personnes qui dirigent ces 4 entreprises ou institutions étaient dans la même classe. Des bons copains.

Autant vous dire qu'ils ne vont pas se faire caca dessus entre-eux, chacun pistonnant l'autre depuis des décennies. Cela s'appelle un "réseau", le fameux truc dont ces gens sont si fiers. Le réseau, c'est l'exemple même de l'injustice sociale, ce sont donc des amis du président, ce dernier qui dès le premier jour, concluait ses propos lors de sa visite à l'aéroport CDG par le mot "orage". "Probablement un orage", osait-il. Coment peut-on ?

Airbus-EADS a construit l'avion, Air France l'a fait volé avec les sondes Thalès qui auraient du être mises à jour, la DGAC fait croire qu'elle contrôle super-bien les avions, alors que le BEA devra déterminer les "responsabilités". Comme souvent depuis bien longtemps, les morts auront bon dos.

Dans quelques minutes, à la conférence de presse du BEA, on aura tout, sauf la vérité. On s'arrangera pour se faire poser tout, sauf les bonnes questions. On vous donnera de l'orage, de la foudre, des trucs qui vous parle. Puis on s'arrangera pour faire oublier l'histoire avant de rendre le rapport définitif en 2012, dans l'oubli général.

En attendant les Airbus vont continuer de voler.

Prions que d'ici à ce que la promo 1965 disparaisse et que la génération suivante se veule plus honnête, que plus aucun Aibus ne s'écrase à cause de ces sondes Pitot. Prions aussi que les president des compagnies aériennes y connaissent quelque chose en aviation, que les enquêteurs soient indépendants, que le president de la républque parle anglais et ne fasse plus de clientélisme, que les journalistes enquête avant de parler, ... Il y a tellement de progrès à accomplir dans ce pays ! Voilà de quoi offrir de vrais perspectives d'avenir aux jeunes.

Pendant qu'on annonce qu'une délégation de députés vont travailler durant 6 mois en commission pour élaborer une loi sur le port de la burqa, à grand frais, on oublie de vous dire que Airbus qui a licencié à Toulouse délocalise : le premier A320 assemblé en Chine à volé et est déja en service. On a omis de vous dire que Air France a été condamné par le Canada pour entente illégale sur les surcharges pétrolières.

C'est fou tout ce qui nous échappe, rien qu'a propos d'aviation !

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 25 juin 2009
De retour au pays, après quelques jours de repos, je ne pus m'empêcher de me mettre au courant de ce qui s'y passe. La première chose qui vient frapper mon oreille, c'est le tintouin du président-nain-de-la-République  à propos de la burqa.

Quand on a plus rien a dire, plus rien a faire de nouveau, on invente des problemes qu'on oppose à sa sainteté la République immaculée. J'en appelle à votre fameux "bon sens" mesdames et messieurs, répondez avec honneteté à la question suivante : avez-vous déja vu une femme entièrement voilée sur le territoire national ? C 'est comme pour observer le tigre du Bengale au Bengale, il faut avoir une sacrée chance et rester là caché un bon bout de temps. Faire une loi qui concerne combien d'individus ? 200 au maximum ?

Faire une loi sur quoi au juste ? Sur l'interdiction de porter tel ou tel habit sur le territoire français ? Pourquoi ne ferait-on pas des lois sur les êtres humains a onze doigts, ou sur les chevres à trois cornes, les bestiaux a cinq couilles ? Quitte à cacher les véritables problèmes insurmontables, trouvons-en des centaines d'autres faux problèmes qui font parler beaucoup ! Il est question de cacher l'incendie, soyons clairs.

Mais s'il est question de redonner une fierté et une certaine liberté aux gens, alors pourrait-on interdire aussi le costume-cravate qui etouffe le chercheur d'emploi, sans raison fondée, la tenue provoquante des prostituées qui jalonnent les boulevards parisiens, la necessité pour les jeunes femmes à errer avec une ficelle dans le cul pour avoir l'air à la mode. Il y a tant à légiférer sur les vêtements pour avoir l'impression de ce promener dans une société saine.

D'après ce que le président a dit, la femme voilée est abaissée et privée de sa liberté. Faut-il la mettre en prison pour autant ?

Quelque chose a du m'échapper ... ?

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 16 juin 2009
Kuala Lumpur, 2h du mat.

Chers amis,

Nous avons traverse ensemble cette aventure asiatique sans encombre. Toutes mes excuses pour l orthographe douteux parfois, pour mon talent d ecrivain tres limite, pour mes opinions parfois tranches, pour mon aversion envers les tattoues. Un bon million de merci pour votre interet, votre curiosite, votre amour et votre assiduite. Vous avez ete chaque jour une petite trentaine au rendez-vous, j en suis tres honore.

J ai redige ce journal pour vous, sans pretention aucune, simplement pour vous donner un apercu different du monde. A la maison vous entendrez que le monde va mal et qu il est bon de vivre en France, c est vrai et c est faux. En tous cas, c est voulu. En tant que citoyen francais, j ai la possibilite de voyager ou bon me semble, sans contraintes pour avoir un visa. J ai bien conscience de cette chance, de cette injustice. Ma memoire me rappelle bien des voix desireuses de voyager, mais clouees au sol pour des raisons administratives. Mais voyager est la seule facon de savoir comment se porte le monde, car ni moi ni la TV n avons une version objective de l affaire.

Des voyageurs. Il y en est qui bravent quand meme la frontiere sans tampon, pour un  reve, une utopie. Ces gens ont le meme gene que moi, celui de chercher la bonne fortune la ou elle se trouve. De ce genre de voyage, l on revient toujours depite, parce que l on appartient toujours a l endroit d ou l on vient. Mais l on force le destin. Moi je peux rentrer quand bon me semble parce que je suis ne francais. Eux attendent le controle de police qui mettra fin a leur aventure. Permettez-moi de rendre hommage a ceux-la, ces camarades de route, ceux qui s emploient a envoyer de l argent a leur famille. Je n ai pas meme cette generosite la. La loi est la loi, alors pourvu qu on les traite dignement, comme des voyageurs courageux. D autres les appelle "sans papiers", moi je les appelle "avec des couilles".

La France, je l aime de tout mon coeur. L odeur inoubliable des pinedes des Landes (je la sens d ici), les torrents frais des Alpes, l effluve des betteraves broyees du nord, la camaraderie flatteuse des piliers du bistrot, les vieux du village et leur camembert delicieux, le parfum de la bouze de vache qui peine a secher sous le soleil de Normandie et vous tous, mes amis. Cela fait partie de moi Cedric et de moi l "artiste" Cedbou. Cette France c est pour moi un tresor. La politique y est la pour regler des problemes, et quand il n y a pas de problemes, faites-leur confiance, aux politiciens, pour vous en trouver. Sagit-il encore de politique ? En France, helas, il n y a plus de politique. Il ne reste que de faux debats pour opposer les gens, les communautes, les idees vite-faites. Le pire, c est que comme cela sonne de plus en plus simple, les gens foncent tout droit, en croyant saisir quelque chose d important. Pardon encore.

Ce que je viens d achever, vous tous en etes capables. Cela na rien d exrtraordinaire et pourtant j entend bien des mots flatteurs quand a ma debrouillardise. Ne vous y trompez pas, demain vous pourriez partir. Pour chercher une verite au fond de vous, une vision plus objective du monde, du bon temps, ou que sais-je encore. En tous cas, si ce desir s eveille en vous, ne le laissez pas s endormir, il a son importance, croyez-moi. Que ce soit dans un petit village retire de France ou a l autre bout du monde, il vous apportera un benefice humain considerable.

Je rend hommage au peuple thailandais pour son acceuil quand il fut bon. Je rend hommage au peuple de Malaisie, uni et pourtant si divers. Je rend grace a ma bonne fortune de ma voir envoye la et espere qu elle me reserve d autres voyages, sous votre lecture bienveillante.

La vie est courte. La vie est bonne. L amour est meilleur.
Merci d etre venu ici et a bientot pour la suite.





Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 16 juin 2009
Balade dans les rues de Kuala Lumpur toute la journee, a pied.

Voyager seul c est faire face a soi-meme, sans menagement. On devient son propre vecteur d aventure et aussi son seul compagnon. Ainsi on apprend a s aimer comme on est. Il y a aussi cette abstraction bienfaisante; avoir laisse tous ses soucis au pays permet de voir les choses de loin. Ce qui etait incertain, flou, devient clair et sur. Toutes ces questions qu on se posait sans jamais trouver la reponse ultime, et bien ici on a tout le temps et l independance pour y reflechir. Tout est plus evident.

C est ce que je me disais, assis sur un muret en plein centre-ville, en observant les passants dans la rue bondee. Je me sentais drolement bien et detendu, j interrogeais les regards qui m offraient pour reponse un sourire, parfois large, parfois timide. Des moments comme ca reposent le voyageur. Mais voila, d un seul coup une forte detonation, puis un gros champignon de poussiere qui s eleve vers le ciel. Mouvement de panique, hurlements. Je cours sans me retourner, avec tous mes semblables au galop. Apres ca, on realise que quelque chose est tombe d un building, pour s ecraser a 10 metres de votre cher serviteur. Un gros trucs, je ne sais quoi. Puis la vie reprend ses droits doucement, le train-train se remet en route.

Plus tard je rencontre un francais du meme age. Il voyage beaucoup l ete puis la saison d hiver il travaille aux Menuires. Pour rembourser son voyage, il se promene avec des kilos de vetements qu il revendra en France a ses amis. Vendre des t-shirts a ses amis, voila un drole de business, dont il parle avec une certaine fierte. Mouai. Plus tard je rencontre une anglaise plutot avenante, mais en lui parlant je realise que j en ai ma claque du debit et de l accent anglais, alors je m enfui rapido.

A la tombee du jour je m allonge dans le jardin qui fait face aux tours Petronas. Si cette fois elles symbolisent la ligne d arrivee, l annee prochaine elles seront surement la ligne de depart pour l Indonesie !


Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 15 juin 2009
Reveil a Malacca. Une envie de partir qui tamponne dans le dos. Go !

En attendant le bus, j observe un montreur de serpents. Ces enormes boas font hurler de peur les petites chinoises qui se font surprendre au passage. La surprise est double car l homme en question possede 11 doigts ! 2 heures de bus et me voila a Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie.

Pour dresser le tableau, rien de plus simple. Prenez l ile de Manhattan a New York et remplacez les formes carrees par des arrondis, melangez les gens du monde entier dans la rue, rajoutez 50 metres et un peu d elegance aux tours jumelles, des sourires gracieux et vous y etes. Kuala Lumpur.

N ayant pas reserve d hotel, j avai prevu de m aventurer sac au dos. C etait sans compter sur cette douleur aigue dans le ventre qui m a assailli a la descente du car. Une bonne vieille crampe. Le deuxieme hotel sur ma route sera le miens et je suis bien tombe. Je m installe sous la clim et commence a secher pendant que je prepare mon linge pour le donner a laver.

Le voyage seul a sa routine. Defaire le sac, refaire le sac, apporter son linge, chercher son linge, prendre 3 douches par jour, recjarger les appareils. Le voyage a aussi developpe petit a petiti un certain sens de l orientation. A force de changer de ville, j ai pris l habitude de memoriser rapidement mon environnement. C est une faculte qui permet d economiser quelques energies dans mes deplacements.

Une fois les choses utiles terminees, je demande la route pour les tours jumelles Petronas, les tours les plus hautes du monde, un demi-kilometre de haut. On me dit "prenez le train c est tres loin", ce que je traduit par "10 minutes a pied au plus'. Sachez qu en Asie, je ne sais pourquoi -la chaleur peut etre-, on exagere toujours les distances. La moindre chose est au minimum "loin", c est a dire a moins de 5 minutes a pied. Quand c est "tres loin", comptez dix minutes. Enfin si votre interlocuteur vouis dis "mais vous etes fou !", comptez alors un bon quart d heure.

Les tour Petronas, du nom d un geant du petrole local. La deception reside dans l impossibilite de grimper jusqu au sommet. Pour ca c est nul. Ce qu elles ont de beau, c est quand la nuit tombee l eclairage les rend divines. On dirait deux gros batons de glace assez gros pour nourrir toute la ville. Symbole de la fin de ce voyage, je les attendais comme une ligne d arrivee.


Reste a visiter la ville !






Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 14 juin 2009
Malacca n a pas de trottoir, donc pas de feux pietons. Toutes les rues sont en sens unique. La "gare routiere centrale" est a 5km du centre. Typiquement Malais. Oganiser, c est un mot qui ne semble pas etre traduisible en langue locale. Mais cela a son charme, tant pis pour les trottoirs, vive le velo.

Une ile artificelle sans charme se trouve au sud. De la je prend un peu de vent frais et observe la mer du detroit de Malacca. Au loin d enormes cargos stationnent. L eau n a pas l air tres acceuillante, je renonce a la fraicheur d un bain. Je pedale dans des rues desertes sous le feu du soleil, la transpiration venant me piquer les yeux. Voila un mois et demi que je transpire 24h/24 !

Puis je retourne a la fameuse eglise perchee en haut de la colline qui domine le centre. J y decouvre un cimetiere hollandais en ruine. Sur de vieilles plaques de marbres brisees, on lis par exemple les noms des membres de toute une famille qui ont tous peri dans la meme semaine. Mais on ne sait pas pourquoi. Il manque toujours quelque chose, a Malacca.

Puis c est le marche de nuit du samedi, avec son concours de chant qui fait le bonheur de toutes les jeunes chinoises du coin. On y interprete des chansons exclusivement en mandarin, sous l oeil des invite d honneur du jour -des moines boudhistes venu de Chine et de Taiwan- et des curieux rassembles devant la scene en plein air. Les chanteuses s enchainent, parfois entrecoupe d interludes comiques -semble-t-il, toujours en mandarin. Je rencontre un jeune couple qui parle miraculeusement francais. Nous parlons de banalites puis soudainement, ils disparaissent en disant "nous voulons partir".

Dans la foule du marche les couples deambulent. Ici avoir une copine, c est une question d honneur semble-t-il. Alors dans la foule les gars font les gardes du corps pour leur copine, les collant par derriere, les entourant de leurs bras jusque devant, lancant des regards agressifs a tous les hommes qui passent. Pendant que sa copine s offre une visite au marche en souriant discretement aux autres gars, le petit gars defend sa propriete comme il peut. Ici "l amour" ca rigole pas. Ce spectacle pathetique ne manque pas de m etonner. Ces comportements de jalousie obsessionnelle semblent ici etre la norme. Tres nombreux aussi sont les jeunes gens qui se suicident pour des histoires d amour, la Malaisie semble detenir ce triste record, d apres ce qu on m en a dis.

La fatigue ne s avoue pas vaincue, mes yeux s effondrent des l heure du diner.

C est fini pour Malacca, demain je pars pour la derniere etape de ce voyage : Kuala Lumpur !
Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 13 juin 2009
Je sursaute brutalement, me dresse tout raide dans le lit et cherche par la fenetre, a toute allure, le nom de la gare ou mon train vient de s arreter ... aurais-je manque mon arret ? Ca dure 4 longues secondes avant que je realise que je suis dans une chambre d hotel a Malacca. Ouf ! tout va bien alors ? La journee commence sur les chapeaux de roue. Deux gros ronds sombres entourent mes yeux. La fatigue commence a me peser lourdement. Je n ai pas d energie ces jours-ci, je perd petit a petit la force de l aventure, une envie de rentrer pour recuperer se profile sournoisement. Le soir je repousse etrangement le moment de me coucher au plus tard, j attend que mes yeux se ferment automatiquement avant de m allonger. Oh, je n ai pas perdu le sourire pour autant ! Voila bientot 6 semaines que je n ai pas vu un visage connu, qu on me parle dans tout un tas de langues saugrenues. 40 jours d une solitude etourdissante et bien cherchee, a manger des trucs inconnus, a essayer des dizaines de chambres d hotel, a soigner la moindre egratignure comme si c etait la gangraine qui me guettait. Je pense que je suis arrive au bout de l aventure. Ce n est pas le gout qui me manque, c est l entrain. J ai surement assez mal gere ma fatigue, j en prend note pour le prochain trip : dormir que diable ! C est tellement important. Ce jour-la, j ai decide de parcourir la ville a velo. Sur la carte, Malacca est signalee d un gros point rouge cercle, ce qui signifie -a mon sens- qu il s agit d une grande ville. En dix tours de pedales je comprend vite qu il n en est rien. C est tout petit ! Pire, il ne s y passe rien. Deux choses a voir, 2 eglises. Construites par les portugais du temps de l occupation et du grand commerce, il n en reste plus que des ruines asez mal conservees. La plus grande, celle ou reposa St Francois-Xavier, offre un panorama interessant, de quoi occuper 15 min au plus. Mais apres ? Le reste de la journee, je cherche un echappatoire pour quitter Malacca le lendemain, je cherche une ville pas tres loin avec une foret, une cascade ... sans succes. Je pietine puis cedant a la fatigue, me resous a partir dimanche pour Kuala Lumpur. Encore deux jours a tirer donc =) Ici, beaucoup de touristes, Chinois majoritairement. Ce sont exactement les meme qu a Paris. Dans la rue, quand les gens me croisent, ils s aggripent a leurs sacs a main ... voila qui me remet 40 jours en arriere ! C est fou ce que la ville peut offrir en densite d etres peureux. L individu en milieu urbain pense que tout le vise, que toute cette vie autour de lui est une grande manigance orchestree pour lui seul, et qu il doit s en tirer indemne, seul comtre tous. La ville, ca rend parano chers amis. On est surement pas fait pour ca. Le soir, un grand marche de nuit s organise le long de Jongker Walk. Une foule dense s y promene, faisamt 20 fois l aller-retour. A mi-parcours, une estrade ou une bande de vieux font une genre de danse-gymnastique. Ici on montre qu on en a dans le ventre et qu on se laisse pas abandonner par la nature. Les gestes sont amples, l entrain est la, mais quand on regarde leurs visages, un grand vide, on croirait qu ils regardent la tele de loin, tout en faisant. Se donner l air de rien. A la guesthouse, 2 nepalais sont la pour acceuillir les visiteurs, faire le menage. Le reste du temps, il s ennuient a mourir. Leur plan de carriere est simple : moisir ici jusqu a avoir assez de sous pour aller a l universite, retourner au Nepal et se marier et puis voila. Je leur joue de la guitare le soir, ils aiment ca, et moi aussi, ca fait tellement longtemps. Je n ai pas ecris une seule chanson depuis le depart. Gloups !
Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 juin 2009
Dernieres heures a Kota Bharu. Je passe saluer mes connaissance : Azahar le marchand de jouet, les marchands de glace Maya et Icar, les vendeurs de tissus Dee, Iha et Chong, les indiens du restau, la vendeuse de bijoux Fizha, les chanteurs et danseurs  de Phuket Mel et Charmy... Puis j attelle le bagage a mes epaules meurtries, direction Malacca, sans entrain particulier. Je me rememore tous les bons visages que  j ai pu rencontrer ici, tout en cheminant vers la station de bus.

Depart 18h, Kota Bharu. D abord prendre un bus jusqu a Wakaf Bharu, gare la plus proche. Ensuite prendre un train de nuit pendant 10h jusqu a Gemas, manger un Dosai bien epice et boire un ketari a 6h du mat, puis prendre un bus jusqu a Tampin et puis un autre pour Malacca city.  Dans le train, 2h de sommeil, puis dans le bus des a-coups de 15 min dans le chaos de la route et du moteur, dans la cabine qui se remplit a ras-bord d enfants, de femmes avec leurs paniers vides, d hommes en tenu de travail portant la marque de leur entreprise, et des femmes aussi, le tout cuisant dans le soleil deja bien leve.

Arrivee a Malacca city a 13h, mort de fatigue, cerveau efficace a 5%. Meme si le voyage a ete long, il s est bien goupille et je parviens sans effort jusqu a l hotel. Premiere constatation, Malacca est tout ce qu on voudra sauf ce qu on attendait. A perte de vue je ne vois que des chinois affaires dans leur boutique. Ou sont les indiens ? Ou sont les gens dont on parle dans les livres ? Pas de reponse immediate. D abord une grosse envie de dormir. Allons faire dodo pour 2h.

Le reveil sonna pendant 1h, toute les dix minutes, a fond la caisse, mais moi, je ne l ai pas entendu. Jai dormi 4h. Juste le temps d une douche, puis je pars me promener un peu, les yeux mi-clos, la tete dans les nuages. Puis une grosse faim sonne. Arrive au restau, 20h, on me dis qu on ferme. Et puis soudainement tout se ferme autour de moi. 20h precises, tous les restau ferment le rideau, les boutiques idem. D un seul coup, plus rien, les rues se vident.

Mais OU sont donc les malais de Malacca ? Je marche longuement, pas grand monde dans les rues, puis je croise un immense centre commercial. La dedans, surprise, tout Malacca s est donne rendez vous. MacMickey et Burger Queen, Pizza Put, 24h/24, des boutiques par centaines, le tout climatise et tout ce monde habille en m as-tu-vu qui se presse pour manger, regarder, parler, acheter un peu, parler sur celui qui vient de passer, rigoler sur le grand blanc bec qui regarde ce spectacle avec detachement. Ici on apprend chaque soir a devenir un consommateur individualiste de type occidental, l enseignement semble y etre reserve aux jeunes car les vieux en ont trop vu pour y croire. mais on croise parfois un ou deux vieux qui accompagnent leur jeune progeniture dans ce temple de la perdition de l ame.

Pour manger, vous aurez compris, sois on s y prend tres tot, sois on mange un burger vomitif parmis de jeunes obeses qui depensent toutes leurs economies dans des meal a 4 eur (une fortune ici). Et pour voir le malais de Malacca apres 20h, faites comme si vous alliez faire les courses, comme a la maison.

J avais entendu que du bon de Malacca, mais je ne saisi pas encore ou se trouve l interet, peut etre la fatigue....

On verra ca demain !
Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 10 juin 2009
Commencons par une petite parenthese aeronautique si vous le voulez bien (sinon passez au 3 ieme paragraphe). Les specialistes de l aviation civile que sont les professionnels chevronnes ont epluche les message ACARS du vol AF447, transmis via DataLink a la compagnie. La simple lecture de ces messages suffit a elucider le "mystere" du vol disparu. Le resultat confirme l intention d Air France de propager des les premieres heures une rumeur mensongere d 'orage et fortes turbulences" dans le but de se degager de toute responsabilite, aidee bien sur par le BEA, le gouvernement, ainsi que le president de la Republique en personne (sans oublier tous les medias de l hexagone, qui ont depuis longtemps oublie d etre des journalistes et ont prefere l habit de simple perroquet, copiant/collant les depeches de l Elysee). Car la nuit meme du drame, Air France savait ce qui s etait passe a bord du vol AF447 avec precision. Ils savaient qu il n y aurai aucun survivant, mais ca ils l ont dit, et c etait vrai, sans pour autant donner la raison de leur certitude.

En effet les messages ARCARS sont bien plus precis qu on ne l a laisse entendre. Ils stipulent clairement une panne des tubes Pitot, qui sont les capteurs destines a mesurer la vitesse de l avion. Lorsque ces sondes (au nombre de trois) transmettent des donnees incoherentes, le systeme de bord met automatiquement hors service tous les  instruments dependant de la donnee vitesse (ADIRUs, etc ...) ainsi que le pilote automatique. Les donnees affichees aux yeux des pilotes sont a ce moment eronnees. Il reste aux equipages de gerer la situation. Jusqu alors, plusieurs vols ont connu cette situation de panne (air caraibes) mais ont reussi a se poser en urgence. Ces precedents avaient fait l objet d une consigne de remplacement des sondes par Airbus, mais l operation prenant beaucoup de temps, certaines compagnies comme AIR FRANCE laisserent leur avions non mis-a-jour en service, en attendant le remplacement des sondes. La responsabilite reste donc a etre juridiquement etablie, mais le mensonge delibere est bien avere, ce qui dans de telles circonstances est absolument monstrueux. Donc si dans le futur vous desirez voler sur des avions qui ne tombernt pas, je vous invite a boycotter les vols d Air France pour un temps suffisant, afin qu on arrete de nous prendre pour des gros cons mangeurs de 20h de TF1 dont la vie ne vaut pas 3 sondes.


MALAISIE la suite

La vie a Kota Bahru coule doucement. Sous les 40 degres quotidien, les pas ne se pressent pas,  les heures s effondrent avec une telle nonchalance qu on ne compte plus les jours. Je devais y passer 2 ou 3 jours. Voila deja une semaine que j y suis. Je peine a decoller. Je n ai rien a y faire mais je m y sens bien, un peu comme a la maison. J y ai maintenant mes habitudes.

J y cotoie une population secourable, pieuse, curieuse et timide a la fois, acceuillante et toujours souriante. Depuis le premier jour je suis recu ici comme un ami. On m offre systematiquement a boire, a manger, une causette, des congratulations, on me place au milieu de la photo de famille ... Jamais vu ca.

La vie est dure pour les gens du coin. Loin de la capitale, le job ne paie pas cher. On y travaille de 8h a 22h sans interruption. Dans la meme boutique, les employes ont de 16 ans a 76 ans, et ils font le meme boulot. Les jeunes ne bossent que pour envoyer leur argent a leur famille. Une fois assez d argent capitalise, ils pourront alors se marrier et verser leurs economies a la famille de la mariee (environ 10.000 ringgits pour une ouvriere).

La curiosite des gens est carrement pathologique. Les yeux se promenent partout. Dans les chambres d hotel, prenez garde, il y a toujours des trous dissimules dans les murs pour observer ses voisins !!! On observe chacun de mes gestes, notamment celui de sortir mon telephone de la poche, car Dieu sait ce qui va en sortir ! Il faut s habituer a tous ces regards que certains matins j ai tendance a maudire, quand le reveil est difficile. Cependant, a mesure que les jours passent, on s habitue a ma presence et les regards gagnent en complicite ce qu ils perdent en suspiscion. Je commence a me fondre doucement parmis les malais.

Le peuple malais est d une grande diversite en plein melange. Le chinois,  l arabe, l indien,  l indonesien, le thai, .... on reconnait parfois tout ces traits dans un seul visage ! Le melange est tel qu il fait naitre de nouvelles communautes, de nouvelles cultures ou se melangent les rites, les fetes de contrees differentes.

Les femmes, pour la grande majorite, portent un voile sur la tete. Elles ne correspondent pas au stereotype de la "femme voilee" qu on fait circuler chez nous. Croire qu une femme parce qu elle est voilee n a pas de vie est une preuve d ignorance du monde musulman dans sa diversite d interpretation de l Islam. A Kota Bharu, elles engagent la conversation, elles vous regardent avec un regard coquin dans la rue, vous lache un "sweeeet!" a l occasion et au mieux vous invite a dejeuner ou meme une partie de billard.

Ce soir depart pour Malacca, a l autre bout du pays, pour de nouvelles aventures.
Portez-vous bien !




Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 7 juin 2009

Desperado, why don't you come to your senses?
You been out ridin' fences for so long now.
Oh, you're a hard one,
But I know that you've got your reasons.
These things that are pleasin' you,
Can hurt you somehow.

Don't you draw the queen of diamonds, boy,
She'll beat you if she's able.
Know the queen of hearts is always your best bet.
Now it seems to me, some fine things,
Have been laid upon your table.
But you only want the things that you can't get.

Desperado, oh, you ain't gettin' no younger,
Your pain and your hunger, they're drivin' you home.
And freedom, oh freedom,
Well, that's just some people talkin'
Your prison is walking,
Through this world all alone.

And don't your feet get cold in the winter time?
The sky won't snow, the sun won't shine
It's hard to tell the night time from the day
You're loosin' all your highs and lows
Ain't it funny how the feeling,
Goes away?

Desperado, why don't you come to your senses?
Come down from your fences, and open the gate
It may be rainin', but there's a rainbow above you,
You better let somebody love you,
You better let somebody love you,
You better let somebody love you,
Before it's too late.



*je ne connais pas l auteur*
on peut ecouter la version de Johnny Cash sur deezer.com, recherchez 'desperado cash'

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 6 juin 2009
Reveil a Kota Bharu pour ce deuxieme jour de Malaisie. Midi deja. Fatigue rattrapee.

Dehors la chaleur est etouffante, je me promene un peu et dejeune dans un restau indo-malais. On y deguste des parathas rebaptisees Roti Canai, des Biryanis succulents et des currys plutot classiques.

Vendredi est le dernier jour de la semaine sur le calendrier musulman, donc tout est ferme.

L apres-midi je fais le tour de la ville et me rend compte qu elle n est pas bien grande. Je passe devant le Merdeka, ancienne place principale, le palais royal, des muses puis c est fini. Tout en cheminant j ai droit a des tas de sourires, avec ou sans dents, des questions, parfois indiscretes, des 'hello' furtifs. Le touriste n est pas si courant, surtout le touriste de deux metres. Ma taille, ca les fait rire beaucoup, c est souvent la dessus que s ouvrent nos discussions.

Il y a aussi des regards suspects. Si je m adresse a quelqu un dans la rue, tous les gens a 100 metres s arretent et epient la discussion, surtout si mon interlocuteur est une femme. Du coup la personne a tendance a ecourter la conversation, ce qui est souvent dommage. Je cause a un tas de gens. Des jeunes, des vieux, des professeurs, des marchands, des ouvriers, et tous se montrent extremement polis et sympathiques.

Dans le bazar, 19h. Les gars de vingt ans, postes sur le siege de motos qui ne sont pas a eux, sifflent les filles qui n ont pas de voile, pendant que le marchand de ballon gonfle et gonfle encore en mastiquant le filtre de sa cigarette, alors qu un groupe de femme osculte des bijoux de pacotille, pliees en deux, et de l autre cote de la rue, un homme, perplexe me devisage en cherchant a comprendre ce que je fais la, assis dans le siege du marchand de jouet, tout sourire.

Le soir, retour au marche de nuit. Degustation de marktabas, genre de pancake-omelette fourre de boeuf, poulet ou banane. Je goute aussi au fameux riz bleu-shtroumph, accompagne de son poulet a la sauce de noix de coco poivree, le tout parseme de piments verts.

Installe au milieu de grandes tables ou se reunissent les familles toujours nombreuses, je mange sous le regard  amuse des malais qui ne se lassent pas de m observer et de parler sur mon compte. Encore une fois, on m offre a boire, a manger, on m invite genereusement a passer le week end a Penang. Tant de gentillesse et d hospitalite me font songer a rester un jour de plus que prevu car il y a ici de quoi remplir quelques cassettes video.

Tard le soir, je peine a trouver le sommeil. Ces petits supermarches 24h/24 dont je parlais hier sauvent la mise des insomniaques. Il y en a un tous les 300 metres, de Chaing Mai a Kuala Lumpur. Que la France en prenne de la graine ! Quelle que soit l heure, il y a toujours a manger, a boire, un cafe, et toujours deux jeunes ames fatiguees qui vivent nuit et jour derriere le comptoir pour arrondir leur budget d etudiant.

En entrant, je croise un homme au large sourire. Il s appelle Huxley.

Huxley est un footballeur professionnel qui a debarque ici il y a 2 ans du Nigeria pour honorer un contrat avec un club malais. Nous discutons tout de suite car nous avons au moins deux points communs : nous sommes grands et clairement des etrangers ici. Il loge dans une guesthouse derriere la mienne qui est bien plus charmante et au meme prix. Helas je ne peux pas changer de chambre car tout est complet a cause de la grande manifestation de demain : l anniversaire du roi.

2h, c est l heure du dodo.

Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 5 juin 2009
Pour le dernier soir a Ko Tao, j ai decide de faire la fete. Une grosse fete, certainement un peu trop grosse car le jour nous a tous surpris, nous rappelant a nous, les derniers debout de l ile, que le voyage doit continuer.

Rentre a 7h30, couche a 8. Reveille a 11 par un enorme orage faisant un boucan d enfer, me fit sursauter. Il etait le bienvenue car sans lui j aurai surement loupe le bateau pour Chomphon. Direction la Malaisie.

Je quitte ma jolie cabane perche a la lisiere de la petite jungle qui surplombe la mer. Dans mon coeur je salue l ile. Je laisse les clefs sur la porte, pas la force de dire au-revoir. Puis je prend la route a pied, sac au dos. Je suis dans un etat de fatigue qui rend chaque effort insurmontable mais 3km sous un soleil de plomb plus tard, je suis sur l embarcadere, billet en main.

Traumatise du dernier voyage en bateau j ai choisi cette fois le meilleur navire du coin, un catamaran a haute vitesse qui ne met qu 1h30 la ou les autres en mettent 4. C est pas que je sois presse, c est juste que je n aime pas tellement le bateau. C est tres ennuyant.

Arrive en terre ferme, 1h de bus pour rejoindre la gare de Chomphon. Arrive a Chumphon, je decouvre une ville a l air plutot agreable, sans touristes. Je resterai jusqu au soir, profitant du meilleur massage que j ai jamais eu en Thailande. Une masseuse plutot musclee s est occupe de moi, sous le regard attendri de sa collegue bonne comptable, qui m a fait paye le prix d 1h les 2h auxquelles j ai eu droit. 2h de ce traitement vous remet droit et eteint vos douleurs pour un bon moments. Comptez 3 euros de l heure dans une ville normale.

Au sortir du massage, je ne sens meme plus la fatigue.

Le train pour Sungai Kolok entre en gare a 22h15. Il me deposera a cette ville-frontiere d avec la Malaisie. La couchette du haut est la plus petite mais c est tout ce qui restait. Je dors recroqueville jusqu a Hat Yai ou le boucan des vendeurs ambulants me reveille a 6h, aussi sec. Ca tombe bien car deux soldats en gilet parre-balle, lourdement armes, ont decide de m escorter jusqu a la gare frontiere de Sungai Kolok. Mal dormi.

Le paysage du sud de la Thailande defilent sous mes yeux. Plaines plantees de bananiers, gares perdues ou des ruraux s accrochent aux train, les enfants qui font coucou, etendues de piments qui sechent au soleil,  les thailandais qui mangent leur riz fri du matin -matin, midi et soir- et les visages de plus en plus bruns. Des voilent commencent a apparaitre sur la tete des femmes, puis des bonnets blancs sur celles des hommes, puis des djellabahs, des militaires battent les chemins de terre, font barrage sur les routes. Le long de la voie, tous les kilometres peut etre, un soldat est plante la, desoeuvre, fusil d assaut en bandouliere, faisant signe et sourire malin a mes veilleurs. La zone est serieusement militarisee car des attentats ont secoues la region.

Rien de bien mechant, c est pareil gare du nord a Paris.

Arrivee a Sungai Kolok a 11h30. Pas presse, je pars en eclaireur en ville, avant de passer la frontiere. Une ville un peu molle ou se cotoient deux langues, deux cuisines, deux monnaies, deux mondes. Je mange quelques brochettes, discute un peu, change mes derniers Baht thailandais en Ringgit malaisiens puis me dirige vers le poste. Du cote thailandais, l employe prend son temps, me filme avec sa webcam puis me fais attendre longuement avant de poser son tampon. Cote malaisien beaucoup de paperasse, mais assez vite expediee. Sorti du poste, un policier me lance un joyeux 'Welcome to malaysia' !

Puis c est 2h d attente pour un bus qui mettra autant pour arriver a Kota Bharu. M y voila, apres 24h de bateau-bus-train-bus, je suis dans un pays tout neuf. Le changement est complet. A part la temperature et la presence de ces petit supermarches 24h/24, je n y retrouve rien de la Thailande. Tout s est change en une autre culture.

Kota Bharu est la cite de l Islam en Malaisie. Elle est assez desordonnee, s y deplacer n est pas evident mais heureusement elle est petite et heureusement, un de habitants rencontre dans le bus m indique mon hotel. J y arrive completement epuise.

Le soir, degustation d incroyables mets au marche de nuit, qui est une veritable manifestation gastronomique quotidienne. J y rencontre une famille du Sarawak, Borneo. On m offre du poisson sata -cuit dans la feuille de bananier-, du the, on me prend en photo de famille, tout autour les tables rigolent et me saluent, me contemplant a manger a la mode locale c est a dire avec les mains ! Puis on me souhaite bonne route et je pars me coucher.

Bonne nuit !






Par Cedbou
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Derniers Commentaires

 

Images Aléatoires

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus