Sage intuition, ou, l heure de la punition

Publié le par Cedbou

JOUR 8

Le reveil a Mae Seriang est mediocre. Ce matin la je ne suis pas presse de prendre la route. Alors je prend mon petit dej sur le pouce devant le supermarche, une infirmiere me fait la discussion pendant ce temps la. Pas mal de blah blah, et pas beaucoup d envie d y aller.

A dix heures je prend tout de meme la route. Objectif de la journee : relier Mae Hong Son. J ai un drole de sentiment  qui m invite a rester pour une journee de repos ici en ville. Les gens y sont charmants mais il n y a pas grand chose a y faire, alors je me convainc de continuer ma route en mettant mon petit boudin de cote. En fait ce n etait pas de la fatigue ni du boudin, c etait une intuition plutot intelligible.

Il y a parfois ces moments dans la vie ou l on a tout pour etre heureux mais on a pas le grand sourire ni le grand bonheur pour autant, on poursuit son bout de chemin sans passion, c etait mon cas ce matin la pour les 20 premiers kilometres. Ensuite, ce fut la punition. C est vrai quoi, quelle genre de petasse suis-je pour faire la tronche de si bon matin ? Alors Bouddha a decide de m apprendre a vivre.

Passe le premier bled, Khun Yam, une petite pluie s abat sur la contree., Rien de mechant, je continue ma route. Puis en plein milieu de la montagne, la pluie s intensifie et des grelons abrasif viennent marteler mes bras. Sous ce deluge, je realise que je n ai pas fait le plein a Khun Yam et que ca va etre limite jusqu a destination. Pas question de faire demi-tour. Le stress monte d un cran. La pluie s intensifie encore, au point de devenir une de ces averses que l on croise rarement au cours d une vie. Je reduit ma vitesse drastiquement, pendant que le relief devient de plus en plus accidente. Alors je comprend qu une epreuve commence ...

Je suis au milieu de nulle part, c est la guerre, il faut s en sortir sans une egratignure. La concentration est au maximum, le plaisir au minimum. Je ne le sais pas encore, mais la situation n evolura pas en ma faveur pour les 3 prochaines heures. Il n y a plus de place pour l air tellement la pluie est dense. En altitude l air est frais et je commence a greloter. Sortir mon pull n arrangerai rien, je reste donc en t-shirt, en serrant les dents. Tout est centre sur le pilotage, il faut s abstraire de l inconfort et conduire l engin en toute zenitude dans cet infini de montees et de descentes et ces enchainements de virages en epingle sans fin.

Dans un village paume je m arrete pres d une maison et demande aux habitants s il y a du carburant dans le coin. La reponse est sans equivoque : prochaine station Mae Hong Son, ma destination. Gloops. Le vieux viens voir ma jauge et me dis "oh, ca devrait aller". Re-gloops. Je reprend ma route sous les "good luck".

L arrivee devant le panneau Mae Hong Son est vecu comme un soulagement.

J approche une station essence, la guerre est terminee on peut lacher les armes pensais-je, mais au moment d entrer en station le pneu arriere eclate. Direction le garage ou l on me change ca rapido. Je trouve ensuite rapidemment l auberge que je cherchais, devant le lac, une jolie chambre avec une terrasse. Ensuite c est la troisieme vague. Je decouvre que mon sac sois-dit etanche est une vrai piscine. Tout mon materiel est gonflee d eau, appareils photo, cameras, ... Mon portefeuille est une eponge ou les billets nages parmis cartes bleues et permis de conduire. C est un veritable cauchemard.  J etale tout pour le sechage puis epuise, je m assied et entame la lecture de "l usage du monde" de Nicolas Bouvier (a lire absolument !) le ventre vide.

Enfin je decide d aller m alimenter. C est un restau thai ou je commende un curry de poulet. La cuisine thai est une cuisine melant les influences indiennes et chinoises, si l on peut dire. C est tres bon mais tres insuffisant. Alors je decouvre une fete foraine au bout de la ville, j y devore successivement, 3 brochettes, un plat de nouille et une enorme crepe au chocolat. La guerre est enfin terminee, pensais-je.

Mais apres mon passage au cyber cafe pour vous faire mon rapport, sur la route de l auberge, le pneu avant eclate. Je n ai pour ainsi dire, plus aucune reaction. Mon telephone est HS.

Mais je promet, demain je serais de grande humeur



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T
Un bon gros tougneu et tout va mieux!!!! J'en sais qqch!!!gros mouti
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