Tchou-tchou, Malacca deux minutes d arret !

Publié le par Cedbou

Je sursaute brutalement, me dresse tout raide dans le lit et cherche par la fenetre, a toute allure, le nom de la gare ou mon train vient de s arreter ... aurais-je manque mon arret ? Ca dure 4 longues secondes avant que je realise que je suis dans une chambre d hotel a Malacca. Ouf ! tout va bien alors ? La journee commence sur les chapeaux de roue. Deux gros ronds sombres entourent mes yeux. La fatigue commence a me peser lourdement. Je n ai pas d energie ces jours-ci, je perd petit a petit la force de l aventure, une envie de rentrer pour recuperer se profile sournoisement. Le soir je repousse etrangement le moment de me coucher au plus tard, j attend que mes yeux se ferment automatiquement avant de m allonger. Oh, je n ai pas perdu le sourire pour autant ! Voila bientot 6 semaines que je n ai pas vu un visage connu, qu on me parle dans tout un tas de langues saugrenues. 40 jours d une solitude etourdissante et bien cherchee, a manger des trucs inconnus, a essayer des dizaines de chambres d hotel, a soigner la moindre egratignure comme si c etait la gangraine qui me guettait. Je pense que je suis arrive au bout de l aventure. Ce n est pas le gout qui me manque, c est l entrain. J ai surement assez mal gere ma fatigue, j en prend note pour le prochain trip : dormir que diable ! C est tellement important. Ce jour-la, j ai decide de parcourir la ville a velo. Sur la carte, Malacca est signalee d un gros point rouge cercle, ce qui signifie -a mon sens- qu il s agit d une grande ville. En dix tours de pedales je comprend vite qu il n en est rien. C est tout petit ! Pire, il ne s y passe rien. Deux choses a voir, 2 eglises. Construites par les portugais du temps de l occupation et du grand commerce, il n en reste plus que des ruines asez mal conservees. La plus grande, celle ou reposa St Francois-Xavier, offre un panorama interessant, de quoi occuper 15 min au plus. Mais apres ? Le reste de la journee, je cherche un echappatoire pour quitter Malacca le lendemain, je cherche une ville pas tres loin avec une foret, une cascade ... sans succes. Je pietine puis cedant a la fatigue, me resous a partir dimanche pour Kuala Lumpur. Encore deux jours a tirer donc =) Ici, beaucoup de touristes, Chinois majoritairement. Ce sont exactement les meme qu a Paris. Dans la rue, quand les gens me croisent, ils s aggripent a leurs sacs a main ... voila qui me remet 40 jours en arriere ! C est fou ce que la ville peut offrir en densite d etres peureux. L individu en milieu urbain pense que tout le vise, que toute cette vie autour de lui est une grande manigance orchestree pour lui seul, et qu il doit s en tirer indemne, seul comtre tous. La ville, ca rend parano chers amis. On est surement pas fait pour ca. Le soir, un grand marche de nuit s organise le long de Jongker Walk. Une foule dense s y promene, faisamt 20 fois l aller-retour. A mi-parcours, une estrade ou une bande de vieux font une genre de danse-gymnastique. Ici on montre qu on en a dans le ventre et qu on se laisse pas abandonner par la nature. Les gestes sont amples, l entrain est la, mais quand on regarde leurs visages, un grand vide, on croirait qu ils regardent la tele de loin, tout en faisant. Se donner l air de rien. A la guesthouse, 2 nepalais sont la pour acceuillir les visiteurs, faire le menage. Le reste du temps, il s ennuient a mourir. Leur plan de carriere est simple : moisir ici jusqu a avoir assez de sous pour aller a l universite, retourner au Nepal et se marier et puis voila. Je leur joue de la guitare le soir, ils aiment ca, et moi aussi, ca fait tellement longtemps. Je n ai pas ecris une seule chanson depuis le depart. Gloups !
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