Taire le temps (suite et fin)

Publié le par Cedbou

Le monde est un vaste endroit. En faire le tour serait un peu presomptueux mais c est le desir qui compte. Celui-ci ne serait jamais tout a fait assouvi, ce qui donne a mes aventures un gout d urgence exquis. L excitation que me procure la decouverte, la sensation d etre perdu, sont des moteurs sensationnels. 

Bien sur, un voyage n est compose de ces bonnes sensations que par bribes, ce qui vous impose de vivre parfois des moments difficiles pour les atteindre. C est la ou le voyage ne s appelle plus vacance mais aventure. Si ce jour la vous etes ouvert, la pluie qui s abat sur vous avec fureur n est rien, ou les peulples que vous rencontrez sont merveilleux et la nature fantastique. Mais il y a ces jours ou l on se leve mal, ou l on regrette son canape, ses toilettes a l occidental et ces jours-la il faut les vivre aussi, tant bien que mal.


Pai offre une quantite d opportunites de promenades interessante. La petite ville est enfoncee dans une vallee splendide ou l on trouve a distance marchable des sources d eau bouillante, des chutes d eau et de beaux endroits. Mon soucis ce jour-la c est que je n ai que la journee, que j ai mal un peu partout (la moto) et que de surcoit je me leve a 11h. Impossible de trouver la fameuse chute d eau donc je me rabat sur la source d eau chaude.

Il n y a personne. Le gars a l entree me dit que son boss a double le prix d entree pour les touristes et que depuis, la frequentation a drolement chutee. Voila qui fait mon bonheur. Votre cher serviteur va pouvoir gouter au plaisir du bain a 50 degres, dans le plus simple appareil. Au milieu de cette petite jungle, de l eau bouillante jaillit du centre de la terre a 90 degres depuis un trou dans le sol. Magie. Ca bouillonne, ca sent le souffre, puis ca devale une pente sur quelques dizaines de metres avant d atterrir dans un bassin naturel ou l on peut se baquer, en s y mettant pro-gres-si-ve-ment, car c est tres tres chaud !

Je reste la deux heures, ravi de m offrir un moment de relaxation, sans meme eprouver la moindre pudeur.

De retour en ville je decide de prendre mon premier repas "normal", afin que mon estomac renoue avec ses habitudes pour un soir. Au restau de Ed, on devore d excellent burgers homemade qui vous requinquent illico. Ed, la soixantaine passee, a quitte son Alaska natal il y a 9 ans a la suite de son divorce pour vivre au pays du sourire, avec deux valises. C est un veteran de l US air force, pilote d helico au Vietnam qui devint ensuite captain b747 chez american airlines avant de prendre une retraite meritee. L homme nous raconte sa vie avec nostalgie, a moi et un couple de quebecquois sympas. L homme vit comme un despote dans son petit etat-restau et donne ses ordres au personnel thai, tout en sifflant sa fiole de whisky et devorant des assiettes monstrueuses de poulet-frite. "Ah the french" soupire t-il dans ses joues grasses.

Puis c est encore un massage delicieux , surtout pour mon dos meurtri, suivi d un dodo salvateur.


Le lendemain, route vers Chiang Mai. Le temps est magnifique, tres chaud, la route est une formalite. Je passe l apres midi et la soiree dans le jardin du temple qui recoit le marche de Sunday Walking. J y lis "l usage du monde" pendant trois heures puis devore un tas de trucs avant d aller coucher la vieille carcasse. Dehors un orage s est leve, ca cogne dur sur les montagnes.

Le lendemain, journee balade a Chiang Mai, petits achats puis massage encore. La vie c est dur, voila tout.
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T
Le voyage c'est comme un sourire ça vous rempli de joie...votre coeur!!!TIPATCH
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