Je fais du mal au cou
"Je voyagerai pour vivre, je resterai pour mourir", c est par cette citation de Shakespeare que commence le long recit de "l usage du monde" de Bouvier.
Lasse de Chiang Mai, je decidais de rester encore un peu, juste pour recuperer. 1050km de montagne en moto, jamais deux nuits au meme endroit et surtout, une terrible fatigue accumulee depuis trop de voyages. Voyons, il y a eu Pologne, 3 fois le Maroc, il y a trois mois au Portugal, Italie, Inde, Irlande, Espagne bien des fois, etc.... Oh ce n est pas moi qui me plains, comment oserais-je, c est mon corps. Depuis bientot deux ans je n ai fait que eprouver sans meme me reposer vraiment. Quand je reviendrais de ce long voyage solitaire, j aurai deux semaines pour me remettre avant de repartir pour le Maroc, pour presque deux mois. Ensuite le repos chers lecteurs.
Marre de Chiang Mai, trop de gaz a effet de serre, trop de rien, trop de tout. Le pire c est que depuis que j ai decide de recuperer, le patron de la guesthouse lave son linge sale avec sa soeur a quelques pas de ma porte des 7h du matin. Je me rappelle bien avoir hurle SHUT UP pendant mon sommeil mais cela n a pas aide.
Fatigue, j attrape mon guide et tombe sur une page. La ville s appelle Lampang, on y vient pour se reposer et se relaxer. Le lendemain matin j attrape le bus, direction Lampang.
Lampang, ou ville du torticoli, a 2h au sud de Chiang Mai compte 50 000 ames et ne s etend pas sur trop long, au bord de la berge d une riviere dont j ai perdu le nom. Ville du torticoli, car des que je croise, ou m apprete a y croiser un regard, ce dernier fuit vers un point d interet improvise. Ca ne manque jamais. Les gens n y sont pas des plus aimables a mon egard mais surtout, on sent que le touriste n y est pas courant. Seuls individus assez hardis pour entretenir une discussion en langue thai agrementee de signes, des piliers d un bistrot tenu par une vieille dame, dans une rue de vielles batisses en teck.
Les verres se vident, je les fait remplir et ecoute tout ce que l on a a me dire. Ca dure 2 heures, j y perce quelques secrets linguistiques et j apprend qu il y a en ville deux etrangers, moi et un autre : un vieux. Je repars en vadrouille dans la ville. Un centre commercial. J entre, je me sens drolement observe mais des que mon regard en croise un autre, les visages se ferment, les tete se tournent. Lampang ne veut pas que j existe, je resterai un fantome en transit vers un autre paradis touristique.
La nuit tombe. Au restau du coin, je m installe a une table et le cirque recommence. On m ignore. Je fais signe a la serveuse mais celle ci semble croire que je lui fait du gringue. En fait je voudrais juste gouter au curry de poulet mais personne ne semble m y autoriser. Au bout d une demi-heure, outre, j attrape un serveur par le poignet et me fache. Dans la salle tout le monde s arrete de parler et de manger, on me fixe pendant que je declare avec force ma commande.
De retour a l hotel, je suis tellement epuise que je ne trouve pas le sommeil. Le moral en a pris un coup. Lampang, demain matin je te quitte.