Mogador aka Essaouira

Publié le par Cedbou

Un endroit mythique ou j'ai longtemps rêvé de mettre les pieds. Essaouira.

Mais je suis arrivé trop tard.

Ce devait être une ville à l'atmosphère unique, embrumé et mystique. Ce devait être le repaire de fabuleux artistes et artisans, de pirates, de légendes. Ce devait être une petite ville riche de savoir et d'histoire, où les voyageurs apportaient leur part d'exotisme sans trop altérer celui de leur ville d'acceuil.

Mais le temps est passé et le tourisme de masse a changé cette ville en un épouvantable marché a souvenirs pour blanbecs diahréeiques. Les rues se sont changé en étals, tous identiques. Une section de dix mètres incluant vendeur d'epices, snack et bijoux de pacotille, se répète à l'infini des rues. Les murs blancs disparaissent sous les tapis orientaux made in china et les pancartes de publicité. La répétition jusqu'au vomis.

Il ne reste plus que l'océan, sali par la surabondance de fientes d'albatross et les déchets du port. L'eau marron s'abat sur les flancs de la ville et en aspire toutes les immondices. On vient s'asseoir sur la promenade qui longe la plage en dégustant des beignets et en observant les marocains et les touristes, groupés séparement,  ouvrir et vider des boites et des bouteilles, puis les laisser vides là, sur le sable en attendant que la plus grosse chasse d'eau du monde fasse son travail.

Voilà un visage du Maroc, plus généralement du Monde,  que l'on observe dans ces lieux où les êtres vivants n'accordent plus d'importance à leur existence. L'argent a remplacé tous les buts, toutes les préocupations, car il est devenu le seul vecteur de vie. Le tourisme de masse fait des dégats incomensurables à la condition humaine et bien sur a l'environnement. L'on vient faire ici ce que l'on ne ferait pas chez soi, en oubliant jusqu'au respect de soi.


Pendant ce temps-la, le petit homme se demande si un jour on découvrira qu'il n'est pas allé a l'école ...


voila pour cette semaine ...




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