Agadir, Taroudant, Agadir

Publié le par Cedbou

Faire un nouveau disque. L'obsession.

Voila 4 mois que je vis loin de mes instruments, de mon, pays, de mes influences. Sur les 8 mois de 2009, je n'ai vécu que 3 en France. Allers et retours. 2008 fut coulé du même or. Le voyage fait ma richesse. L'autre jour je regardais une vidéo où je jouais à Grenoble. J'ai beaucoup changé en 2 ans.

L'espèce de tête de rat plaintive, intoxiquée au tabac, et chauffée à la bière a disparu messieurs dames. Fini la destruction, il n y a plus rien a casser. Une fois le démon chassé, il a fallu combler toute la place qu'il a laissé par des choses follement passionantes. La vie est passionante, par forcément celle de l'être humain, juste la vie. Sa courbe est si dramatique que le petit jeu peut devenir angoissant. C'est pourquoi il faut se faire peur de temps en temps, histoire de ne pas laissser les petites choses s'emparer de notre être entier pour l'effaroucher. Voyager seul, ça fait peur, en quelque sorte, et ça vous rend résistant.

Comme j'aime à le dire, le voyage vous ôte bien des peurs. A Paris, quand quelqu'un sent qu'il est suivi, la peur lui serre les tripes, même s'il sait que dans une ville de 7 millions d'habitants il  a bien des chances d'avoir quelqu un quelques mètres derriere lui, qui rentre aussi chez lui. Sa parano est plus forte que sa raison, c'est déja la maladie. En France, premier pays consommateur d'anti-depresseur au niveau mondial, la maladie se banalise dans le tissu urbain. On s'abandonne trop souvent à sa solitude et l'on devient craintif comme une blatte.

Moi aussi j'ai eu peur. J'ai eu peur de moi-même, de voir la fatigue et la mauvaise santé que j'entretenai affaiblir ce que j'ai de meilleur. Voyons il y a bien ces quelques petites convulsions positives, essayons de les orchestrer en un mouvement coorsonné bénéfique. Beaucoup d'efforts, beaucoup de sport, beaucoup de travail sur soi dans beaucoup de pays traversés plus tard, je renaît de mes cendres.

Il ne reste plus qu'a retrouver les guitares et la voie de la musique. C'est l'impatience désormais.

Comme on dit au Maroc, "Agadir, rien à dire". Ce n'est pas faux. Il y a l'immense plage et l'océan émeraude, et la nouvelle ville. L'ancienne ville est tombée sur ses 15.000 habitants en 1960, créant du coup une grande nécropole qui surplombe une nouvelle ère, celle du tourisme de masse. Cependant, le touriste massif reste enfermé dans son club-vacance, grâce à la formule All Inclusive. Ainsi, il ne vient plus déranger l'existence tranquille et l'équilibre de la ville, qui redevient progressivement marocaine.

On y croise surtout des MRE, des Marocains Résidents à l'Etranger, c'est à dire pas mal de français, ("français issus de l'immigration" pour citer le terme discriminatoire à la mode chez nous) qui défile avec leurs belles voitures et dinent dans des restos chics. C'est les vacances scolaires, alors l'on croise aussi beaucoup d'enfant-travailleurs, qui vendent des mouchoirs et autres conneries. L'océan y est beau et y va parfois de sa grosse vague pour vous casser les genoux et vous faire boire la tasse.

Côté fourchette, rien de bien nouveau si ce n'est la profusion d'échoppes où l'on vous concocte des purs jus de fruits souvent fabuleux. D'avocat, de mangue, de fraise, d'ananas, de dattes au lait ou même un panaché, leur vertue rafraichissante et leur prix démocratique en font un rendez-vous attendu de la journée. Accompagné d'une patisserie pour les plus gourmands, à la pate d'amande ou la fleur d'oranger ... J'arrête ici la réclame, pour ceux qui n'ont pas encore déjeuner !

 

N'ayez crainte, profitez bien du soleil.

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